"Le simple fait de naître américain, anglais ou grec ne signife rien tant que l'on n'a pas choisi de l'être. Tout le monde devrait avoir l'occasion de naître en opposition à ses convictions. Le
seul patriotisme n'est qu'une servitude.
Mieux vaut s'ancrer une bonne fois pour toutes de l'autre côté de la barrière. Au moins cela signifie que l'on a le choix, que l'on a une conscience vivante, que l'on est capable
d'argumenter."
TimothyFinley, Pilgrim
De l'injustice du lieu de naissance au choix de son identité en passant par la liberté de "trahir" une nation pour adopter un peuple, telle est la force de ceux qui partent.
Ils partent parce qu'ils souffrent, parce qu'ils ont faim, dit-on... certes... mais pas seulement. Tous ceux qui ont faim ne sont pas sur les routes du monde, cela se saurait, il y aurait des
embouteillages planétaires ; et ceux qui sont sur les routes du monde ne sont pas que de passives victimes du sort. Non, parmi ceux qui partent il y a aussi ceux qui veulent sentir
cette liberté, malheureusement souvent factice, de la transcendance de l'injustice de leur propre genèse.
Pourquoi moi là et pas ailleurs ? Hé bien ce sera moi ailleurs, si je le décide.
Je n'utilise pas ici le mot "trahir" ou traître" au sens si négativement illustré récemment par certains de nos compatriotes, par exemple, qui ont su, à un moment opportun pour de quelconques
intérêts personnels, lécher sans un sourcillement les souliers du premier représentant, dit-on, du peuple français.
Non, mes "traîtres" ici sont des faiseurs de ponts, des constructeurs d'espace, des agrandisseurs de rêves. Au-delà de vivre leur liberté ils construisent les rêves d'autres futurs
"traîtres".
Heureux soient-ils.
Petits que nous sommes lorsque l'on imagine les accepter quand ce sont eux qui nous choisissent, quand ce sont eux qui décident si nous valons la peine de faire partie de leur vie. Que la
liberté des "traîtres" courageux soit immense et infinis les ponts qu'ils construiront.
Nous sommes tous des migrants... mais on a un peu trop tendance à l'oublier parfois
Par malinaali
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