Mercredi 17 novembre 2010 3 17 /11 /Nov /2010 18:36

Un sentiment assez ambivalent m'envahit lorsque je lis les blogs des "vrais" blogueurs. J'entends par là de ceux qui n'ont pas un 0 pointé sur leur blogrank et qui parviennent à écrire plusieurs fois par semaine sur leurs vies, leurs humeurs, leurs passions, etc. 

blogosphere Bien sûr, il y aura toujours ceux qui trouveront cela passionnant d'informer la planète blogueuse (oui... pas envie de dire la "blogosphère"... avec mon zéro renouvelé - ah, parce que je ne vous ai pas dit... z'ont remis ça ! -, ils m'en ont symboliquement exclue, alors j'invente un nouveau monde, sans note, sans charter et sans identité blogationale) de nous informer, disais-je, du changement de papier peint de la chambre du dernier né et du montant de leur dernière note de courses (quoique 58,65 euros pour 4 cacahuètes et du PQ ça devient l'anarchie ! - euh sans jeu de mot entre anar-chie et PQ... cela serait de fort mauvais goût, mais on dérive là, on dérive sec !). Je disais donc... euuh.. oui, ah oui, donc, en gros, il y a et il y aura toujours - c'est une règle immuable, c'est comme les retards sur la ligne 13 ou la conneries chez sarko et la trahison chez besson, ça ne bougera jamais -,  des personnes qui écrivent tout et n'importe quoi, pourvu que ce soit surtout n'importe quoi, inintéressant, ennuyeux et si possible assez mal écrit... Le package complet toute l'année, pas besoin d'attendre les soldes.  

 

 

En général leurs aventures trépidantes tournent beaucoup autour des catégories suivantes :

- Questions ménagères et familiales ("soirée galère, praline, mon petit chat est rentré tout sale à la maison et Kévin était encore sur ses devoirs à 21h")

- Courses romantiques et nouveaux achats sexy ("mon doudou / ma chérie va être content(e), je lui ai trouvé un super parapluie sous lequel on pourra se blottir tous les deux pour seulement 4,32 euros!")

- Transports-ras-le-bol et j'vois pas l'rapport ("la sncf ils sont tout pourris parce que mon passe navigo était en panne ce matin ! Heureusement que j'ai un nouveau parapluie offert par mon/ma doudou/ chérie")

- Et bien sûr boulot... enfin râlage du boulot... Mais bon, là on comprend, on ne peut pas le leur reprocher, c'est normal, c'est dans l'ordre des choses. Oui, vous avez remarqué que quand nous écrivons sur notre boulot = râlage?! Y'a jamais personne qui arrive sur son blog et qui se dit : "J'ai passé une super journée, j'ai signé 53 parapheurs en 2h14, record de la semaine battu. La réforme financière et les purchase orders ne me font plus peur. J'ai eu une réunion-comité de toute beauté, je n'ai même pas piqué du nez...enfin si, une fois...mais petite, ça compte pas, en plus personne ne m'a vue... enfin, je crois. J'adore mon boulot, c'est ce qui embellit mes journées, je vais le raconter sur mon blog". 

 

Eux, pour revenir à nos Balzac en herbe, eux je les aime bien.

 

Je les aime bien parce qu'ils ne te renvoient pas les ratages de ta vie - un peu de loseuse parfois, il faut bien se le dire - en pleine tronche, et ils ont la gentillesse et grande bonté de t'élever un peu au-dessus des masses. Parce qu'ils sont lus ces blogs ! Et pas par trois pékins, qu'on se le dise. C'est bien là la preuve qu'ils ont des vertus apaisantes (c'est comme une tisane à la camomille ou la biafine après une petite heure passée sur les plages du Soconusco). En d'autres termes, tu as toute latitude pour te la péter un peu en lisant leurs blogs, et ça, ça fait un peu planer parfois : "J'ai certes un zéro pointé, mais quand j'écris ce n'est pas pour parler du renouvellement de stock de rouleaux de sopalin et de la recette des coquillettes au beurre, moua".

 

Oué, ch'sais, j'crâne.  blogueurs

 

Et puis y'a les autres. Ceux qui te font rire, ceux qui écrivent superbement bien, que tu prends plaisir à lire,  ceux qui sont aussi imaginatifs que créatifs et qui ont des tooonnnnes de choses (intéressantes en plus, les salauds!) à raconter, parce que ce qu'ils vivent en une semaine, toi tu mets un an à le vivre... 

 

Eux, ils m'énervent. 

 

Quoi ? Pas vous ? 

 

Mmmm, Vous allez dire que c'est complètement trivial comme sentiment et ça s'appelle très bassement de la jalousie, ou de l'envie, au choix (deux pour le prix d'un ?)

Et bah nan. Enfin, peut-être... ouais bah ch'ais pas, mais quoiqu'il en soit je me pose aussi des questions :

- Comment peuvent-ils vivre autant de choses et passer autant de temps devant leur ordinateur à les raconter ? 

- Comment peuvent-ils être aussi positifs  au mois de novembre dans une france sarkozyste et réactionnaire ? (Oui, hein, on ne va pas me la faire...pour moi, quand on voit des lycéens défiler pour la retraite c'est qu'on a touché le fond du réactionnisme ; mais quand en plus on voit une de leur représentante syndicale parler politico-intelligemment et moucher un ministre sur un plateau télé, c'est qu'on est allé au bout du bout du fond. Il y a eu un travail de sape de la jeunesse ! On nous a volé nos ados délurés et attardés sans une once de conscience politique pour les remplacer par des vieux de 18 ans !!...Au secours ! A moi ! Faut dire, moi aussi au lycée j'ai fréquenté les hautes sphères médiatiques et j'étais politiquement très très engagée : au moment des manifs de lycéens - je ne sais plus pourquoi - , on faisait grève - en fait je crois qu'on ne savait déjà pas pourquoi - et en tant que grévistes, mes potes et mois avons été interrogés (enfin, l'interviewée c'était moi, taadaaa... parce que j'étais déléguée de classe, visez un peu la mission !) et photographiés pour paraître dans la gazette du Val d'Oise, s'il vous plait ! Tous ensemble, sourire au lèvre, dans un pub, cartes de tarot dans une main et demi dans l'autre... notre engagement politique s'exprimait au tour d'une grenadine et 5 pailles : une garde à coeur ! )

- Comment diable veulent-ils que j'écrive si je passe tout mon temps scotchée à lire leurs blogs si envoûtants ?... :-s...

 

Et donc, pour parler de nos écrivains talentueux (ou pas) overbloggistes de choc, ce n'est pas parce que je tombe en pâmoison devant certains blogs particulièrement réussis, que je vais leur tirer ma révérence. Je n'aime pas le post-effet qu'ils ont sur moi, sur mon manque de confiance et la grisaille de ma vie parfois. 

 

Alors, je voulais juste rendre un petit hommage aux "intimistes de la confession" de la planète blogueuse. Hommage à tous ceux qui sont capables de mal écrire sur des événements sans intérêts de leur vie mais qui ont le courage de prendre leur plume multimédia et de tenter leur chance pour une inscription sur la liste "ma vie, mon blog et la postérité". Hommage à leur naïveté et leur insouciance d'écrire rien et n'importe quoi pour le partager avec des inconnus en pensant que cela intéressera quelqu'un. Hommage à cette espèce de confiance en eux qui semble les rendre finalement invincibles. Merci d'être là un peu de temps en temps quand même....

Par malinaali
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Mardi 12 octobre 2010 2 12 /10 /Oct /2010 18:37

"Dans le cadre du programme de santé publique, nous avons ouvert un centre de prévention contre le sida, mais à notre grand bonheur, il n'y a pas un seul cas de cette maladie au Turkménistan",

 

Leïla Chamouradova, vice-ministre turkmène de la santé. 

 

Par malinaali
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Mardi 12 octobre 2010 2 12 /10 /Oct /2010 18:25

Un proverbe chinois dit "lorsque tu n'as rien à dire, cite un proverbe chinois"

 

Par malinaali
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Mardi 5 octobre 2010 2 05 /10 /Oct /2010 14:42

Nu shu Une langue juste pour elles et uniquement pour elles.

Imaginez cela un peu !

Dans nos sociétés occidentales où un des maîtres mots est le "contrôle" (de soi, des autres, du monde !), imaginez donc une langue faite pour nous, les filles, et incontrôlable, incompréhensible par les hommes. Et ce, non pas à cause de leur masculinité, mais plutôt à cause des rôles, fonctions et activités qu'ils occupent qui leur ont permis de se complaire dans un patriarcat avilissant, les rendant aveugles, sourds et muets face à toute création féminine non-édictée par leurs lois.


Une langue apprise de nos grands-mères qui l'auraient apprise de leurs arrières-grands-mères à qui Héra, Athéna, Hathor, Ch'ang-O ou Ixcuina auraient sussuré la douce mélodie au-dessus du berceau.


Une langue chantée, poétisée. Une langue où chaque action accomplie chaque jour, chaque avancée dans la vie d'une femme est décrite. Une langue dans laquelle il existe un mot pour chaque expérience vécue et partagée.


La langue des maux en vers...


Nu Shu : la langue secrète des femmes chinoises. Datant de 3000 ans. Sûrement l'une des plus anciennes au monde. Interdite par des hommes de pouvoir, dont le pouvoir qui les rendait si imbus ne pouvait percer ses mystères, elle est le témoin de l'histoire des femmes, de leurs combats, de leurs corps répréhensibles et condamnés,  mais aussi de leurs forces, de leurs plaisirs, de leurs cachotteries et de leurs stratégies de (sur)vie. 

Une langue, une écriture aussi. Une langue de l'intimité chantée, de la connaissance de soi, une langue de l'évasion, la langue des journaux intimes et des poèmes de la souffrance.   

 

Pendant des siècles, en Chine, les femmes n'avaient pas accès à l'éducation et étaient condamnées à l'isolement social en plus d'avoir les pieds bandés. Mais dans le comté Jiangyong, des paysannes ont développé une langue écrite appelée Nu Shu, ou écriture femmelle (complètement différente du chinois : Nan Shu, écriture mâle... voyez que le langage peut-être sexiste juste par le simple fait d'exister) alors qu'il semblerait que les Yaos n'auraient pas eu besoin d'écrire, au-delà de strict nécessaire à la vie de paysans, avant 1949. Le Nu Shu s'est transmis de mère en fille, dans des régions rurales coupées du monde.

Croyant, de manière très originale vous en conviendrez, les femmes inférieures ; les hommes ne se sont pas intéressés à ces codes secrets qui sont donc restés inconnus pendant des siècles. Les hommes étant ceux qui évidemment possédaient le (pouvoir) "savoir" et qui "légitimement" décidaient de ce qui était digne de l'intérêt (masculin) commun. 

 

1231162198_photo_nu_shu.jpg Née de la résistance des femmes à la domination mâle, cette langue était un moyen de communiquer avec d'autres soeurs.


"Près d'un puits, quelqu'un n'aura pas soif ; près d'une soeur, quelqu'une ne désespérera pas"


L'expérience de la sororité ne date pas d'Angela Davis !


Le Nu Shu était écrit au début sur de la soie, des éventails en papier, des broderies puis des livres. Pour le lire, les femmes le chantent.

Nu Shu: A Hidden Language of Women in China


Mais le Nu Shu se meurt comme se meurt lentement l'être épuisé de s'être défendu trop longtemps. Alors qu'il pourrait être un fer de lance du féminisme actuel et être réapproprié en force de lutte, il est déplorable de constater que l'étude du Nu Shu n'est maintenant réservée qu'à une élite intellectuelle et sociale chinoise.

Hommes et femmes nous reproduisons finalement toujours les principes de la domination patriarcale et sociale (quoique la première est selon moi la maîtresse à penser de toutes les autres formes de domination) dans toute opportunité d'expression du pouvoir qui nous soit donnée. 

En d'autres termes, même s'il aurait été du goût de certain(e)s qu'il en fut ainsi afin de pouvoir légitimer leur vision manichéenne du monde (la guerre des sexes, le bien le mal, etc.), les comportements masculinisés (de domination, de contrôle, etc.)  qui régissent notre humanité ne sont pas l'apanage des hommes uniquement. 

 

 

 

Par malinaali
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Vendredi 26 février 2010 5 26 /02 /Fév /2010 17:16
Que de nouvelles choses et tant de temps sans écrire ! C'était comme un moment de léthargie bloggiste, une non-inspiration teintée de "akoibon?" et d'excuses à demi vaseuses d'être soudainement atteinte d'occupationite aigüe (attention, ça peut être contagieux, mais c'est un mal souvent plus psychosomatique que réel... bien que les maux psychosomatiques soient réels pour celui ou celle qui en souffre, j'en conviens. Et oui, ce n'est pas parce que vous n'avez pas de cancer que vous n'en avez pas tous les symptômes... )
Mais ne vous méprenez point, la torpeur épistolaire n'est pas toujours signe de somnolence cérébrale. J'entends par là que c'est pas passke j'dis rien qu'j'en pense pas moins !!
- T'en penses pas moins sur quoi ?
- Bah sur la vie, les infos, le monde qui fout l'camp, le féminisme que l'on bafoue, les églises qui progressent, le saucisson quotidiennement à l'apéro responsable de mes kilos plus que superflus, avatar en 3D et l'importance croissante du choc émotionnel du quidam moyen provoqué par le changement brutal de la page d'accueil facebook, enfin, mille trucs quoi ?!!
Tiens, parlons-en donc du féminisme et de la religion !
Genre ! 
Genre la Suède est un pays égalitaire, paritaire, solidaire ... ouais tous ces mots en "aire" comme y'en a en "isme" et qui font croire que la Suède serait le paradis sur Terre de l'égalité, du respect et de la fraternité... 
Je vous rappelle que la Suède vit 6 mois de l'année dans le noir et dans le froid... alors niveau paradis on reviendra... enfin j'dis ça....
Bref, on s'en tape des -22 degrès de moyenne hivernale et des 6h28 de jour par semaine entre novembre et avril, on arrête de parler de la pluie et du mauvais temps et je me concentre plutôt sur le sale temps que sont en train de passer les femmes et les féministes (surtout!) sur notre planète.
Voyez pas le lien avec la Suède ?
Bah tout simplement, en Suède il y a une ville qui s'appelle Almhult (dans le sud du pays... z'ont déjà un peu plus de chance malgré tout, il fait moins froid). Et à Almhult, y'a un homme.
Et cet homme, a obtenu
 6000 euros de dommages et intérêts du tribunal de première instance pour ses comportements sexistes. 
Oui Madame !
L’individu, privé de ses allocations de chômage à la suite d’un comportement jugé offensant lors d’un entretien d’embauche, réclamait devant la justice le poste ambitionné ou le maintien de ses allocations. La première chose qu’il avait faite en arrivant à cet entretien avait été d’humilier la représentante de l’entreprise en refusant de lui serrer la main – ce que tout le monde aurait ressenti comme un affront manifeste – et en évitant de la regarder dans les yeux, au motif qu’il s’agissait d’une femme. C’est pourtant à cet homme que le médiateur suédois pour les questions de discrimination et le tribunal de première instance ont donné raison. N’importe qui estimerait normal qu’une personne qui refuse de serrer la main d’un noir ou d’un musulman se voie refuser un emploi. En revanche, si Dieu proclame qu’il est interdit de toucher les créatures du sexe opposé, on peut compter il semblerait sur le soutien des pouvoirs publics suédois.
arriba-mujeres--.jpg
Certes, dans une démocratie on peut choisir en toute liberté sa croyance et son idéologie (quoiqu’il ne soit peut-être plus adéquat de parler de choix à partir d’un certain degré d’aveuglement). Bien sûr, nous avons tous le droit de respecter les rites, dogmes et autres délicieuseries religieuses (ou soi-disant religieuses). Les témoins de Jéhovah ont le droit de ne pas accepter la transfusion sanguine, les krishnas de marcher pieds-nus sous la pluie (d'ailleurs, je doute, pour cette raison, qu'il y ait beaucoup de krishnas en Suède en hiver... krishnas certes, mais pas fous !), les bouddhistes de se réincarner 873 fois en cheval s'ils le veulent et les extrémistes de toutes sortes ont aussi le droit d'être les plus gros sexistes de la Terre (et là, ce n'est pas l'apanage d'une religion en particulier... elles sont toutes potes sur ce sujet-là !) 

Donc, si l'on part dans ce sens, notre heureux monsieur d’Almhult a le droit de s’employer à  vouloir changer les normes et les valeurs de la société actuelle de manière à ce qu’elles correspondent mieux à son idéal. 
Mais tout individu qui veut gagner sa vie et cherche un travail doit faire preuve d’un minimum de pragmatisme : on n'a pas tous le job de nos rêves avec un patron idéal, des congés tous les mois et des frites tous les midis à la cantine !
Donc, même si la soif idéologique de transformer la Suède en paradis du sexisme est inextinguible chez un individu, 
 (et si on commençait par recréer les gynécées dans les maisons d'Europe ? Que celui qui y a pensé avant moi me jette la première pierre... aïe !! ...) celui-ci devra encore malgré tout jouer la comédie lorsqu’il cherchera un emploi dans lequel il aura à côtoyer des femmes. Ou alors, il devra comprendre qu’il sera difficile de se faire embaucher tant que sa lutte ne sera pas gagnée. 

D'un autre côté, quelle que soit la volonté de "respecter la liberté religieuse" dans cette affaire il paraît aussi normal qu’un employeur porte son choix ailleurs que sur un gros dur affichant des valeurs misogynes. On en revient à nos moutons, n'en déplaise à nos sociétés patriarcales et bien pensantes, une telle discrimination n’est pas plus agréable pour une femme qu’elle ne le serait pour un noir. 
C’est pourtant ce que le médiateur suédois,
 Madame Katri Linna (et oui ! le médiateur est une médiatrice !... Etonnant ?...mmmm, nous parlerons un jour des journaux féminins et du féminisme...), entend préserver et défendre. A ses yeux, l’apartheid sexuel pratiqué au nom de la religion n’a pas à subir l’influence de l’égalité et de la laïcité. L’homme en question est discriminé parce qu’il n’a pas le droit de discriminer les femmes
Voilà un raisonnement parfaitement pervers.

Par lilith ochoa
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