TODOS SOMOS MIGRANTES
Dimanche 26 avril 2009

...

Voilà plusieurs jours que je souhaite écrire quelque chose pour Raul et voilà plusieurs jours que je n'y parviens pas. Je pense que ce que je vais écrire là va subir de nombreux changements et améliorations dans les jours à venir, mais parfois c'est important de poser "sur papier" quelques mots qui peuvent aider à soulager certaines émotions.

Raul est un ami deTapachula, également le petit ami d'Hélène et le cousin d'Ana... mes copines.

Raul a été enlevé il y a maintenant 22 jours  et on ne sait toujours pas où il est, avec qui, comment il va et quand nous le reverrons.

Voilà pour les faits...

En réalité, j'aurais aimé pouvoir trouver les mots pour parler de l'enfermement, de l'éloignement, de l'absence inexpliquée d'êtres chers, des pouvoirs néfastes parfois de l'imagination qui nous emmène dans des travers qui nous font croire le pire dans ce genre de situation... mais je n'y arrive vraiment pas encore aujourd'hui.

En revanche, je souhaiterai aussi rendre hommage à la force d'Hélène, jeune femme vivante et éclairée, impressionante de lucidité et tellement ancrée dans la réalité de sa vie qu'elle semble ne pas se laisser détruire par une imagination par trop débordante qui aurait fait sombrer quiconque dans une triste et mélancolique folie. Sa détermination à se protéger pour ne pas s'écrouler et se convertir en une Pénélope, seconde victime des ravisseurs forcent le respect. Il semble qu'ils ne gagneront pas cette partie, ils ne lui feront pas perdre sa vie à elle non plus. Hélène est une femme libre, et c'est en vivant vraiment, en refusant l'esclavage de la terreur et de la souffrance qu'elle leur montrera qu'ils ne la détruiront pas et qu'elle gagnera la partie contre eux, sa partie à elle. Hélène est réelle, elle est forte et surprenante de courage

Elle sait que nous serons là pour elle, elle sait aussi notre impuissance et notre abattement parfois, elle continue sa vie de jeune femme combattante, combattante pour la vie, pour sa vie et celle de son homme.

 

Parce que je pense à vous, à toi Hélène, à ton Raul et à sa famille...

 

 

Par malinaali
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Samedi 25 avril 2009
Ô vie heureuse des bourgeois
Qu'avril bourgeonne
Ou que decembre gèle,
Ils sont fiers et contents.

Ce pigeon est aimé,
Trois jours par sa pigeonne
Ça lui suffit il sait
Que l'amour n'a qu'un temps.

Ce dindon a toujours
Béni sa destinée
Et quand vient le moment
De mourir il faut voir

Cette jeune oie en pleurs.
C'est la que je suis née,
Je meurs près de ma mère
Et je fais mon devoir.
Elle a fait son devoir,
C'est -à-dire que Onques
Elle n'eut de souhaits
Impossibles. Elle n'eut

Aucun rêve de lune,
Aucun désir de jonque
L'emportant sans rameur
Sur un fleuve inconnu.

Et tous sont ainsi faits.
Vivre la même vie
Toujours pour ces gens là
Cela n'est point hideux.

Ce canard n'a qu'un bec
Et n'eut jamais envie
Ou de n'en plus avoir
Ou bien d'en avoir deux.

N'avoir aucun besoin
De baiser sur les lèvres
Et loin des songes vains
Loin des soucis cuisants

Possèder pour tout coeur
Un vicère sans fièvre
Un coucou régulier
Et garanti dix ans.

Ô les gens bien heureux,
Tout à coup dans l'espace,
Si haut qu'ils semblent aller
Lentement un grand vol

En forme de triangle
Arrivent planent, et passent
Où vont ils? ... qui sont-ils ?
Comme ils sont loin du sol
Regardez-les passer, eux
Ce sont les sauvages
Ils vont où leur desir
Le veut par dessus monts

Et bois, et mers, et vents
Et loin des esclavages
L'air qu'ils boivent
Ferait éclater vos poumons.

Regardez-les avant
D'atteindre sa chimère
Plus d'un l'aile rompue
Et du sang plein les yeux

Mourra. Ces pauvres gens
Ont aussi femme et mère
Et savent les aimer
Aussi bien que vous, mieux

Pour choyer cette femme
Et nourrir cette mère
Ils pouvaient devenir
Volailles comme vous

Mais ils sont avant tout
Des fils de la chimère
Des assoiffés d'azur
Des poètes des fous

Regardez-les, vieux coqs,
Jeune Oie édifiante,
Rien de vous ne pourra
monter aussi haut qu'eux.

Et le peu qui viendra
d'eux à vous c'est leur fiante.
Les bourgeois sont troublés

De voir passer les gueux.

 Georges Brassen, Les Oiseaux de passage  

Par malinaali
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Mercredi 22 avril 2009

 "Quand le peuple ne réclamera que l'argent et la sécurité c'est qu'il aura intériorisé sa condition d'esclave"

Alexis de Tocqueville

 

L'enjeu n'est plus, ou ne peut plus être, la recherche d'une liberté chaque fois plus grignotée et plus factice, mais au contraire, à en croire les dires de ce petit être vil et hargneux élu béké de France, notre priorité doit être de priver de liberté notre voisin, notre ami, notre cousin... tout le monde.. sauf notre patron ! 'tention !

C'est peut-être parce qu'elle est factice cette liberté, et que nous avons trop de poudre dans les yeux que l'enjeu n'est même plus de la conquérir ? Là je peux sortir les arguments types pour prouver la fébrilité de notre soi-disant liberté : internet et communications virtuelles et superficielles, développement des crédits à la consommation qui nous tiennent enchaînés dans une belle BMW, pression au boulot pour des primes de Noël, divertissements réchauffés de la télévision, tous types de fichages des individus et informations sur les vies privées dont la merveilleuse idée fut soufflée par les compagnies d'assurance, bien sûr la peur de tout et de tous, etc.

Classique mais efficace.

 

 

Nous ne parvenons même pas à rêver d'un monde meilleur ! Nous ne sommes pourtant pas encore de vieux réacs désabusés que je sache ?! En même temps, c'est très tendance d'être réacs avant l'heure : "mon rêve le plus fou, a déclaré un jeune participant de la nouvelle star, est de parler à des crabes et faire du cheval avec Michel Sardou"... bon, passons sur le peu d'intérêt que doit représenter une conversation crabesque, mais Michel Sardou ! C'est lui le grand poète qui fait rêver la jeunesse ? Michel Sardou, soit l'heureux interprète de l'odieuse chanson "je suis pour" (la peine de mort)... no comment et brandissons donc les drapeaux de la branchitude réactionnaire.

 

A part ça, parmi les dernières plus grosses manifs d'étudiants ? Celles pour le CPE ! Ne nous baisez-pas sur les CDI les méchants patrons !... de la sécurité et des sous !!!...

Nous sommes pourtant dans une période où l'imagination et les discussions pleines de rêves et de papillons pourraient revenir, non ?! Certains disent que nous sommes en train de voir le deuxième échec des deux grands modèles de socitété moderne et post-moderne : le communisme ça a raté, le capitalisme... c'est en train de rater... il faut juste que l'on accepte de s'en rendre compte... pile poil un moment charnière, un moment de réinvention, de création, de bouillonement de l'esprit et de recherche de ...liberté ! Enfin, c'est ce que ça devrait provoquer. Ce serait grisant, euphorisant !

Mouais.. je vous vois venir : "calme-toi Marion, retombe un peu sur Terre, tu sais bien que ça ne sert à rien... tu vois bien, tous les soixante-huitards sont devenus tous les plus grands salopards qui sont en train de pourrir notre planète. Alors franchement, concentre-toi déjà à te trouver une voie et une vie et ce sera déjà pas mal..."

...

Merci pour l'aide au retour sur Terre forcé... J'était pourtant pas partie très loin.

Alors voilà, comme rêve on me conseille de bien garder mes fiches de paye de mes jobs étudiants pour pouvoir calculer ma retraite que je n'aurai pas à 75 ans... de la sécurité et des sous !!!

Comme maîtres à penser et leaders charismatiques qui m'entraîneront vers un monde meilleur on me propose BHL, Eric Zemmour, Alain Minc et Finkelkraut... Les nouveaux réactionnaires sont les mecs branchés de la télé, les faiseurs d'audimat, les fabricants officiels de la pensée du peuple... de la sécurité et des sous !!!

 

Combien d'années faut-il attendre pour rencontrer la réincarnation de Deleuze ou Foucault ? Et Diderot, diable ?! ça fait pourtant un bail qu'il devrait être réincarné lui quand même !

 

Nous avons certes intériorisé notre condition d'esclave, mais il ne faut pas non plus qu'un petit rebelle vienne nous mettre sous le nez son désir d'air frais et de grands espaces et encore moins qu'il parvienne à les atteindre.

Alors bien sûr, nous n'allons pas accepter tous ces gens qui osent faire des kilomètres au péril de leur vie pour se donner au moins l'illusion d'avoir la liberté de choisir leur vie ! Et puis quoi encore ?! Et tous ces jeunes à qui on n'a même pas appris à rêver ?! Et ces femmes qui ne sont jamais contentes ?! Et, et... et puis merde ! Chacun ses problèmes ! 

Qu'on nous laisse chercher bien confortablement notre argent en sécurité ; nous n'avons diable pas besoin de connaître ce que nous ne voulons ni voir ni entendre ! Et ne venez pas nous parler de vos rêves utopiques de hyppies de monde meilleur, ça va pas la tête ?!

Le monde est ce qu'il est, il faut faire avec ce qu'on a et c'est déjà très bien comme ça !

 

Si tu rentres chez Accenture à 23 ans, à 25 tu roules en Audi et à 27 t'en offres une à ta copine.

Franchement, elle est pas belle la vie ?!

 

 

Par malinaali
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Mercredi 18 février 2009
Je n'ai aucun mérite dans cet article.. juste celui de maîtriser parfaitement le copier/coller. Mais voilà, c'est important, c'est à l'ordre du jour, c'est bien écrit et je trouve ça très grave ce mépris clairement affiché envers ceux qui réfléchissent. Donc bonne lecture à tous et merci de votre attention.

Université: les fainéants et les mauvais chercheurs, au travail!

Par Pierre Jourde (Écrivain)

Une poignée de mandarins nantis qui ne fichent rien de leurs journées et refusent d'être évalués sur leur travail, manifeste contre la réforme Pécresse pour défendre des privilèges corporatistes et une conception rétrograde de l'université. Au travail, fainéants!

 

L'ignorance et les préjugés sont tels que c'est à peu près l'image que certains journalistes donnent du mouvement des chercheurs, des universitaires et des étudiants qui se développe dans toute la France. Au Monde, Catherine Rollot se contente de faire du décalque de la communication ministérielle, en toute méconnaissance de cause. Le lundi 9 février, Sylvie Pierre-Brossolette, sur l'antenne de France Info, défendait l'idée brillante selon laquelle, comme un chercheur ne produit plus grand-chose d'intéressant après quarante ans («c'est génétique»!), on pourrait lui coller beaucoup plus d'heures d'enseignement, histoire qu'il se rende utile.

 

Il aurait fallu mettre Pasteur un peu plus souvent devant les étudiants, ça lui aurait évité de nous casser les pieds, à 63 ans, avec sa découverte du virus de la rage. Planck, les quantas à 41 ans, un peu juste, mon garçon! Darwin a publié L'Evolution des espèces à 50 ans, et Foucault La Volonté de savoir au même âge. Ce sont des livres génétiquement nuls. Aujourd'hui, on enverrait leurs auteurs alphabétiser les étudiants de première année, avec de grosses potées d'heures de cours, pour cause de rythme de publication insuffisant. Au charbon, papy Einstein! Et puis comme ça, on économise sur les heures supplémentaires, il n'y a pas de petits profits.

Mais que Sylvie Pierre-Brossolette se rassure: le déluge de réformes et de tâches administratives est tel que son vœu est déjà presque réalisé. On fait tout ce qu'il faut pour étouffer la recherche. Les chercheurs et les enseignants-chercheurs passent plus de temps dans la paperasse que dans la recherche et l'enseignement. Ils rédigent les projets de recherche qu'ils auraient le temps de réaliser s'ils n'étaient pas si occupés à rédiger leurs projets de recherche. La réforme Pécresse ne fera qu'accroître cela.

 

Les journalistes sont-ils suffisamment évalués au regard de leurs compétences et de leur sérieux? Est-ce que c'est génétique, de dire des bêtises sur les antennes du service public?

On enrage de cette ignorance persistante que l'on entretient sciemment, dans le public, sur ce que sont réellement la vie et le travail d'un universitaire. Rien de plus facile que de dénoncer les intellectuels comme des privilégiés et de les livrer à la vindicte des braves travailleurs, indignés qu'on puisse n'enseigner que 7 heures par semaine. Finissons-en avec ce ramassis de légendes populistes. Un pays qui méprise et maltraite à ce point ses intellectuels est mal parti.

La réforme Pécresse est fondée là-dessus: il y a des universitaires qui ne travaillent pas assez, il faut trouver le moyen de les rendre plus performants, par exemple en augmentant leurs heures d'enseignement s'ils ne publient pas assez. Il est temps de mettre les choses au point, l'entassement de stupidités finit par ne plus être tolérable.

a) l'universitaire ne travaille pas assez 

En fait, un universitaire moyen travaille beaucoup trop. Il exerce trois métiers, enseignant, administrateur et chercheur. Autant dire qu'il n'est pas aux 35 heures, ni aux 40, ni aux 50. Donnons une idée rapide de la variété de ses tâches: cours. Préparation des cours. Examens. Correction des copies (par centaines). Direction de mémoires ou de thèses. Lectures de ces mémoires (en sciences humaines, une thèse, c'est entre 300 et 1000 pages). Rapports. Soutenances. Jurys d'examens. Réception et suivi des étudiants. Elaboration des maquettes d'enseignement. Cooptation et évaluation des collègues (dossiers, rapports, réunions). Direction d'année, de département, d'UFR le cas échéant. Réunions de toutes ces instances. Conseils d'UFR, conseils scientifiques, réunions de CEVU, rapports et réunions du CNU et du CNRS, animations et réunions de centres et de laboratoires de recherche, et d'une quantité de conseils, d'instituts et de machins divers.

 

Et puis, la recherche. Pendant les loisirs, s'il en reste. Là, c'est virtuellement infini: lectures innombrables, rédaction d'articles, de livres, de comptes rendus, direction de revues, de collections, conférences, colloques en France et à l'étranger. Quelle bande de fainéants, en effet. Certains cherchent un peu moins que les autres, et on s'étonne? Contrôlons mieux ces tire-au-flanc, c'est une excellente idée. Il y a une autre hypothèse: et si, pour changer, on fichait la paix aux chercheurs, est-ce qu'ils ne chercheraient pas plus? Depuis des lustres, la cadence infernale des réformes multiplie leurs tâches. Après quoi, on les accuse de ne pas chercher assez. C'est plutôt le fait qu'ils continuent à le faire, malgré les ministres successifs et leurs bonnes idées, malgré les humiliations et les obstacles en tous genres, qui devrait nous paraître étonnant.

Nicolas Sarkozy, dans son discours du 22 janvier, parle de recherche «médiocre» en France. Elle est tellement médiocre que les publications scientifiques françaises sont classées au 5e rang mondial, alors que la France se situe au 18e rang pour le financement de la recherche. Dans ces conditions, les chercheurs français sont des héros. Les voilà évalués, merci. Accessoirement, condamnons le président de la république à vingt ans de travaux forcés dans des campus pisseux, des locaux répugnants et sous-équipés, des facs, comme la Sorbonne, sans bureaux pour les professeurs, même pas équipées de toilettes dignes de ce nom.

b) l'universitaire n'est pas évalué 

Pour mieux comprendre à quel point un universitaire n'est pas évalué, prenons le cas exemplaire (quoique fictif) de Mme B. Elle représente le parcours courant d'un professeur des universités aujourd'hui. L'auteur de cet article sait de quoi il parle. Elle est née en 1960. Elle habite Montpellier. Après plusieurs années d'études, mettons d'histoire, elle passe l'agrégation. Travail énorme, pour un très faible pourcentage d'admis. Elle s'y reprend à deux fois, elle est enfin reçue, elle a 25 ans. Elle est nommée dans un collège «sensible» du Havre. Comme elle est mariée à J, informaticien à Montpellier, elle fait le chemin toutes les semaines. Elle prépare sa thèse. Gros travail, elle s'y consacre la nuit et les week-ends. J. trouve enfin un poste au Havre, ils déménagent.

 

A 32 ans, elle soutient sa thèse. Il lui faut la mention maximale pour espérer entrer à l'université. Elle l'obtient. Elle doit ensuite se faire qualifier par le Conseil National des Universités. Une fois cette évaluation effectuée, elle présente son dossier dans les universités où un poste est disponible dans sa spécialité. Soit il n'y en a pas (les facs ne recrutent presque plus), soit il y a quarante candidats par poste. Quatre années de suite, rien. Elle doit se faire requalifier. Enfin, à 37 ans, sur son dossier et ses publications, elle est élue maître de conférences à l'université de Clermont-Ferrand, contre 34 candidats. C'est une évaluation, et terrible, 33 restent sur le carreau, avec leur agrégation et leur thèse sur les bras. Elle est heureuse, même si elle gagne un peu moins qu'avant. Environ 2000 Euros. Elle reprend le train toutes les semaines, ce qui est peu pratique pour l'éducation de ses enfants, et engloutit une partie de son salaire. Son mari trouve enfin un poste à Clermont, ils peuvent s'y installer et acheter un appartement. Mme B développe ses recherches sur l'histoire de la paysannerie française au XIXe siècle. Elle publie, donne des conférences, tout en assumant diverses responsabilités administratives qui l'occupent beaucoup.

 

Enfin, elle se décide, pour devenir professeur, à soutenir une habilitation à diriger des recherches, c'est-à-dire une deuxième thèse, plus une présentation générale de ses travaux de recherche. Elle y consacre ses loisirs, pendant des années. Heureusement, elle obtient six mois de congé pour recherches (sur évaluation, là encore). A 44 ans (génétiquement has been, donc) elle soutient son habilitation. Elle est à nouveau évaluée, et qualifiée, par le CNU. Elle se remet à chercher des postes, de professeur cette fois. N'en trouve pas. Est finalement élue (évaluation sur dossier), à 47 ans, à l'université de Créteil. A ce stade de sa carrière, elle gagne 3500 euros par mois.

Accaparée par les cours d'agrégation, l'élaboration des plans quadriennaux et la direction de thèses, et, il faut le dire, un peu épuisée, elle publie moins d'articles. Elle écrit, tout doucement, un gros ouvrage qu'il lui faudra des années pour achever. Mais ça n'est pas de la recherche visible. Pour obtenir une promotion, elle devra se soumettre à une nouvelle évaluation, qui risque d'être négative, surtout si le président de son université, à qui la réforme donne tous pouvoirs sur elle, veut favoriser d'autres chercheurs, pour des raisons de politique interne. Sa carrière va stagner.

Dans la réforme Pécresse, elle n'est plus une bonne chercheuse, il faut encore augmenter sa dose de cours, alors que son mari et ses enfants la voient à peine. (Par comparaison, un professeur italien donne deux fois moins d'heures de cours). Ou alors, il faudrait qu'elle publie à tour de bras des articles vides. Dans les repas de famille, son beau-frère, cadre commercial, qui gagne deux fois plus qu'elle avec dix fois moins d'études, se moque de ses sept heures d'enseignement hebdomadaires. Les profs, quels fainéants.

***

Personnellement, j'aurais une suggestion à l'adresse de Mme Pécresse, de M. Sarkozy et accessoirement des journalistes qui parlent si légèrement de la recherche. Et si on fichait la paix à Mme B? Elle a énormément travaillé, et elle travaille encore. Elle forme des instituteurs, des professeurs, des journalistes, des fonctionnaires. Son travail de recherche permet de mieux comprendre l'évolution de la société française. Elle assure une certaine continuité intellectuelle et culturelle dans ce pays. Elle a été sans cesse évaluée. Elle gagne un salaire qui n'a aucun rapport avec ses hautes qualifications. Elle travaille dans des lieux sordides. Quand elle va faire une conférence, on met six mois à lui rembourser 100 euros de train. Et elle doit en outre subir les insultes du président de la république et le mépris d'une certaine presse. En bien, ça suffit. Voilà pourquoi les enseignants-chercheurs manifestent aujourd'hui.

P.J
Par malinaali
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Mardi 17 février 2009
                                                                                            Parce que c'est important aussi d 'avoir une idée claire de ce qui peut nous attendre. Parce que l'université n'est pas non plus qu'un endroit de formation de cerveaux inutiles ni, au contraire, la représentation de l'orientation "à défaut de...", mais plutôt une institution qui est de celles qui donnent le la à la société. Si l'on veut fracasser les universités, c'est nous tous qui irons droit dans le mur.
Je vous invite donc à prendre une petite heure et à regarder le documentaire suivant : link
Voilà, c'est tout pour aujourd'hui. Cet article, une fois n'est pas coutume, ne se consacre pas à la défense d'un monde utopique ou à la description de deux hères ubuesques paumés dans des situations improbables...
Non, juste que je comme nce sérieusement à royalement détester, sans exception aucune, tous ceux qui nous gouvernent en ce moment et que mon répertoire limité de la langue française ne me permet pas de l'exprimer sans être grossièrement vulgaire. C'est pourquoi je vous conseille ce documentaire où les intervenants sauront être beaucoup plus efficaces que toutes les lignes que je pourrais écrire.
La lucha sigue !
Par malinaali
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Vendredi 13 février 2009
Au dernier vendredi 13 apparaissait un saint à Acapetahua, dans les tropicales hauteurs de Tapachula, Soconusco, Chiapas, Mexique (pour ceux qui ne savent pas de quoi je parle, jetez un oeil sur l'article "la fabrique de saint")...
Difficile de concurrencer...
La barre a été placée haute je dois dire. Un mort, bien mort et bien fringant. Un moustachu à ceinture de balles érigé en saint par sa communauté : avec des offrandes et tout ce qui va avec ! En même temps, c'est le Mexique, alors c'est normal, ce genre de saint-là ne choisissent que ce pays pour arriver... logique ! sont tellement bien accueillis, n'importe qui ferait pareil !
Petite nostalgie du Mexique ? Bah oui, surtout en un jour aussi exceptionnel et tellement banal ! C'est vrai quoi, des vendreditreizes y'en a tous les ans. Et à chaque fois il y a cet éternel débat de savoir si c'est un jour-porte-chance ou un jour-porte-pas-chance, quand au final il s'agit d'un jour comme les autres... ça ne dépend pas que du tirage !
En revanche, à défaut de pouvoir mettre de nouveau l'église catholique au pied du mur face à un saint pas tout à fait saint, en tout cas vraiment pas un enfant de choeur mais saint-d'Acapetahua-malgré-tout, ce vendreditreize-ci est aussi le jour de l'anniversaire de ma mère..
Deux bonnes raisons pour gratter et gratter de tout notre soûl !
Nouveaux jeux au grattage : la mystérieuse pochette en main et nous nous prenons pour les Indiana Jones du 19ème arrondissement. Il faut chercher des boucliers sous le temple de Zeus fouiller le sable pour recoller le nez su sphinx et résister aux maudites et enchanteresses sirènes d'Ulysse... résultat du trésor : 20 euros... c'est peu pour autant d'émotions et d'adrénaline. Surtout que nous avons cru aux 170 euros, et puis un verdict fatal nous a démontré que le parchemin était un faux. Que de vaines illusions et trop de montées en tension pour finalement se rendre compte, que si nous ne sommes pas  imprégnés de la magie des terres à sorcières où la lune est devenue lune par un lapin qui lui a été envoyé en pleine face, Indianan Jones perd tout son charme et n'est plus si efficace.
Donc ce soir ? On oubliera le vendreditreize, qui n'a pas été un "jour sans", mais pas un "jour avec" non plus, et nous fêterons dignement l'anniversaire de la "cumplanera" !
Nous serons treize à table, il y a des "chances" que le vin soit bon !
Par malinaali
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Mercredi 4 février 2009
"Le simple fait de naître américain, anglais ou grec ne signife rien tant que l'on n'a pas choisi de l'être. Tout le monde devrait avoir l'occasion de naître en opposition à ses convictions. Le seul patriotisme n'est qu'une servitude.
Mieux vaut s'ancrer une bonne fois pour toutes de l'autre côté de la barrière. Au moins cela signifie que l'on a le choix, que l'on a une conscience vivante, que l'on est capable d'argumenter."
TimothyFinley, Pilgrim

De l'injustice du lieu de naissance au choix de son identité en passant par la liberté de "trahir" une nation pour adopter un peuple, telle est la force de ceux qui partent.
Ils partent parce qu'ils souffrent, parce qu'ils ont faim, dit-on... certes... mais pas seulement. Tous ceux qui ont faim ne sont pas sur les routes du monde, cela se saurait, il y aurait des embouteillages planétaires ; et ceux qui sont sur les routes du monde ne sont pas que de passives victimes du sort. Non, parmi ceux qui partent  il y a aussi ceux qui veulent sentir cette liberté, malheureusement souvent factice, de la transcendance de l'injustice de leur propre genèse.
Pourquoi moi là et pas ailleurs ? Hé bien ce sera moi ailleurs, si je le décide.
Je n'utilise pas ici le mot "trahir" ou traître" au sens si négativement illustré récemment par certains de nos compatriotes, par exemple, qui ont su, à un moment opportun pour de quelconques intérêts personnels, lécher sans un sourcillement les souliers du premier représentant, dit-on, du peuple français.
Non, mes "traîtres" ici sont des faiseurs de ponts, des constructeurs d'espace, des agrandisseurs de rêves. Au-delà de vivre leur liberté ils construisent les rêves d'autres futurs "traîtres".
Heureux soient-ils.
Petits que nous sommes lorsque l'on imagine les accepter quand ce sont eux qui nous choisissent, quand ce sont eux qui décident si nous valons la peine de faire partie de leur vie. Que la liberté des "traîtres" courageux soit immense et infinis les ponts qu'ils construiront.

Nous sommes tous des migrants... mais on a un peu trop tendance à l'oublier parfois
 
Par malinaali
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Samedi 22 novembre 2008

Que dire ? peut-être que Jean a raison ?! Allons faire des cascades tant qu'on peut !

(je vous invite à lire son article "tu t'es vu quand t'as bu bio", soit dit en passant, sur son blog kefk.over-blog.com... et les autres textes aussi !).

Je disais donc, peut-être que c'est juste ce qu'il nous reste à nous, êtres désabusés da ns un monde en proie à un mal appelé humanité qui le ronge depuis des millénaires ; peut-être qu'il ne nous reste qu'à l'achever en pompant jusqu'à  la dernière goutte d'énergie les ressources de la planète ? Quelque chose du style, profitons-en tant qu'on est là, en se disant que c'est aussi pour le bien des générations futures : bah oui quoi, finissons-en une bonne fois pour toutes et ensuite on oublie tout et on passe à autre chose. Je ne sais pas moi, mais peut-être qu'on passera au règne des bactéries, ou du gaz ou des cailloux et oust les hommes ! Z'ont assez vécu et surtout z'ont fait trop d'mal com'ça !! 

Et puis aussi, y'a 2012 qui approche ! Le grand cataclysme, la fin du calendrier maya !... oui ! il s'arrête le 21/12/2012 ce fameux calendrier maya ! Certains y voient une prophétie, l'annonce d'un mini big-bang à l'échelle de la Terre, d'ailleurs y'a des signes qui trompent pas : Katrina, le Tsunami, les tremblements de terre, le toit du collège de Montfort-en-Chalosse envolé par la tempête de ce mois de janvier  dans le sud-ouest ! C'est irrémédiable, les dieux, les éléments, la prophétie parlent, s'annoncent à grands coups de vent et nous faisons l'autruche. Sauf quelques prévoyants. Ils forment des communautés de survivants, et il y en a un peu partout sur la planète. Ils se regroupent souvent grâce à internet bien sûr. Il y a par exemple ce groupe de survivants (sont déjà "survivants" même si personne n'est encore mort de la fin du monde) hollandais (oui parce que eux, ils seront vite les pieds dans l'eau) qui vient d'acheter des terrains dans les hautes montagnes... (bah, pour avoir moins de chance d'avoir les chaussettes mouillées!)... et là, ils iront se réfugier. Mais attention ! faut pas que les canadiens et les américains apprennent où ils seront parce que sinon ils iront leur piquer l'idée et le terrain !...

....Et merrrde !!..

Même la fin du monde ne rend pas les gens plus solidaires entre eux !... Encore moins, peut-être me diriez-vous ?! Diable !! C'est peut-être ça la fin du monde d'ailleurs ? C'est de se rendre compte que bah ouais, tu peux lutter pour que les ours polairs aient des réducs chez décathlon pour des palmes et des gilets de sauvetage, mais tu veux surtout pas que ton voisin te pique tes idées de survie !

Sinon il y a aussi ceux qui se construisent des maison comme les hobbits, des bunkers troglodytes, en Turquie (mais WHY la Turquie ??) dans lesquels ils iront se cacher pendant que ça pètera partout !!

...

...

mmmouais...

En fait, et de manière très sérieuse et après une longue étude empirique aprofondie, j'avancerai l'argument qui explique qu'après avoir calculé des milliers de calendriers pour les millénaires à venir, et bien le mec maya chargé de retranscrire tout ça, il a pris sa pause café, il s'est étendu les bras un instant, s'est tourné les poignets, a fait craquer ses doigts et sa nuque et il a décidé que c'était pas mal de s'arrêter sur une date avec que des 1, des 2 et un 0... je conviendrai que pour être un peu plus stylé  il aurait pu choisir le 21/12/2112... mais là ça impliquait de travailler sur un siècle supplémentaire et il ne faut pas oublier que le papyrus...hé bien c'est chez les egyptiens qu'il était ! Et que là-bas, chez les habitants des plages de Cancun avant l'ère gringa, c'était sur de la pierre qu'il fallait graver!.. Et bin un siècle en plus à graver... franchement,parfois c'est la flemme ! Peut-être même qu'à force il a fait de l'arthrose dans le poignet ce pauvre homme ?! Donc qu'on le laisse tranquille et qu'on ne lui mette pas non plus les conséquences de notre irresponsabilité sur le dos, aussi ! FRA-TER-NI-TE comme disait une grande penseuse philosophe et actrice de théâtre... !

De plus, mais là c'est plutôt sur le sens rationnel de l'être humain que je m'interroge... pourquoi est-ce que ces personnes, persuadées que la fin du monde arrive dans moins de 4 ans maintenant, pourquoi donc continuent- elles à faire des enfants ? 

On avait dit : la solidarité ? merci mais pas d'ça chez moi ! / la fraternité ? attends hé ho ! ch'uis pas ségo moi ?! / la cohérence ? Tu sais où tu peux te la mettre ta cohérence ?!!...


Revenons-en à nos moutons (tant qu'il y en a encore), Jean, malgré mon absence d'argumentation contraire dans les paragraphes précédents,  je ne sais pas si j'arrive à partager complètement ton point de vue.


Suis pas assez blasée. Et puis j'me dis que ce ne sera pas forcément se gacher la vie que de réduire notre consommation de sushis au thon-rouge-que-même-c'est-une-espèce-qui-est-menacée-et-que-j'ai-pas-envie-qu'elle-meure. Et puis c'est pas parce que je te comprends que j'ai envie de suivre ta vision des choses. J'aime bien l'illusion  et l'espoir du sauveur d'ours polairs. Parce que je me dis que si on n'éteignait jamais nos lumières, si on ne se lavait qu'avec des lingettes tous les jours sauf pour les shampooings (parce que là ça devient un peu compliqué) et  si on prenait des bains 3 fois par jours et bien notre monde serait encore moins beau. Je sais que ça fait un peu parole surfaite d'une militante mal réveillée altermondialiste de comptoir, mais nous sommes tellement conscients, je crois, de tout ce qu'il peut se passer d'horrible dans notre monde actuellement et prochainement que ne pas accepter avoir des rêves et des illusions ce n'est même plus survivre, c'est pire, non ? Alors nous casse pas notre truc, s'il te plait... Laisse-moi me sentir utile quand j'ai douze poubelles différentes dans mon 28 m2, quand j'utilise la fonction "petit pipi" de la chasse d'eau des toilettes et que je m'achète des cahiers en papier recyclé.
Je sais ce que tu pourrais me répondre à cela : que c'est petit, que ça ne change en rien le cours des choses, que le peu que nous pouvons faire, nous, pauvres hères dans ce monde en voie à l'implosion sera de tout façon mille fois détruit par de grandes forces incontrôlables : Coca-Cola, le traitement du nickel en Nouvelle Calédonie, les lumières de la Tour Eiffel, les fontaines de Rome et l'utilisation abusive de la photocopieuse à l'éducation nationale.
Tu aurais sûrement raison... mais je n'ai pas envie de l'entendre.

Et Obama dans tout ça ?




Par malinaali
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Dimanche 12 octobre 2008



La crucifixion, c'est mauvais pour la santé


Avant de vous faire crucifier, stérilisez vos clous.


Le ministère de la santé philippin ne badine pas avec l'hygiène.
Chaque vendredi saint, des dizaines de philippins  revivent la crucifxion du Christ en se faisant clouer sur des croix de bois. Des milliers d'autres se flagellent jusqu'au sang pour expier les péchés de l'année. Mais la crucifixion et la flagellation, c'est dangeureux pour la santé.
Les autorités demandent donc aux pénitents de se faire vacciner contre le tétanos, de désinfecter leur fouet et de stériliser les clous de quinze centimètres de long utilisés pour la mise en croix. Cette année, 23 personnes, dont deux femmes, auraient revécu la Passion du Christ dans trois Golgotha improvisés à San Fernando City.


Courrier International
Par malinaali
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Mercredi 8 octobre 2008
un mariage au Guatemala dans un village qui s'appelle Acatenango.
Je ne connaissais pas les ma
riés, je visitais la mairie et depuis le toit la place du village avec son activité de fin de semaine s'offrait secrètement à mon regard un peu curieux.
Juste quelques photos pour l'ambiance.






Les hommes ont sorti leur plus beau chapeau avec leurs bottes luisantes. Les mariés étaient sûrement très beaux et heureux... Même si toute l'attention n'était pas toujours centrée sur eux. Il y a quand même dû y avoir une fête toute l'après-midi, des tamales et un énorme gâteau plein de crème et de colorants rose, violet ou vert pastel.





















Par malinaali
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lilith ochoa

  • : malinaali
  • marion
  • : Femme
  • : 18/01/1982
  • : france mexique
  • : fiancée ! mangeuse de chocolat éternelle étudiant guacalera d'adoption
  • : à propos de moi ? c'est-à-dire ?!... mon signe du zodiaque ? la première chose que je fais en me levant ? droitière ou gauchère ? mes préférences sexuelles ? quand est-ce que je suis allée chez le dentiste pour la dernière fois ?

musica maestro !

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